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Quand confinement rime avec harcèlement

L’accentuation du harcèlement et des violences sexistes dans la rue; voilà l’un des effets pervers de ces semaines de confinement auquel nous ne nous attendions pas. Les personnes victimes affirment dans leurs témoignages avoir peur de sortir dans l’espace public de jour comme de nuit.

A l’heure du déconfinement, il est temps de faire un point sur ce que les femmes ont vécu pendant ces deux derniers mois. Cette pandémie en cours, au-delà des effets sanitaires, bouscule des aspects de notre société et l’on s'aperçoit que les femmes et les hommes le vivent différemment. Parmi ces différences apparaît le harcèlement de rue envers les femmes et les personnes LGBTQI+. Les rues se sont vidées et nous aurions pensé que les agressions et les harcèlements dans l’espace public allaient se raréfier. Que nenni. Insultes dans la rue, propositions sexuelles dans la file d’attente des commerces ou sur le chemin du travail, agressions et autres quolibets ont été tristement nombreux. Ces témoignages sont notamment recensés sur la page Facebook “Paye ton confinement”. Cette situation ne se limite pas aux rues de grandes villes. Dans les villages, en pleine campagne, les harceleurs sont partout et il n’y a pas de profil-type. Certaines se sont par exemple vu agresser verbalement par des policiers ou des militaires.

Alors pourquoi ? Il semblerait que de nombreux hommes passent leurs nerfs sur les femmes dans la rue, comme l’explique avec justesse l’article de Terra Femina intitulé “Les harceleurs de sortie pendant le confinement”. Une situation d’isolement, un besoin de se défouler…? Selon Chris Blache, anthropologue et cofondatrice du laboratoire « Genre et ville », le confinement offre « un précipité de ce qu’on connaît d’habitude » en matière de domination des hommes dans l’espace public. « Quand on vide l’espace public, des principes mécaniques reviennent : les propriétaires de ces espaces expérimentent leur droit à la propriété », ajoute-elle. Il s’agit d’une « impunité/immunité » face au coronavirus chez des hommes pour lesquels « il est plus facile de jouer au chat et à la souris » dans ces lieux désertés.

Et dans “le monde d’après” qu’en est-il ? Depuis lundi 11 mai la violence est elle aussi déconfinée et exacerbée. Cette vague était à craindre. La secrétaire d'Etat à l'égalité femmes-hommes Marlène Schiappa avait pointé du doigt pendant le confinement "le sentiment d'impunité des agresseurs conjugué au phénomène de décompensation". Un groupe de réflexion composé d’experts a été créé avec avocat, psychiatre, autrice, artiste, publicitaire, deux neuro-scientifiques afin de préparer un rapport sur les mesures à prendre pour ce déconfinement. Un espoir avec l’accélération de la création de grandes pistes cyclables temporaires dans les agglomérations ? Si seulement cette initiative pouvait permettre d'échapper aux agressions sexuelles des “frotteurs” de métros, bus et tram ... Mais le harcèlement de rue a malheureusement de beaux jours devant lui.

Témoins ou victimes, vous pouvez contacter :

Le 3117 ou envoyer un SMS au 31177 si vous êtes dans les transports

Appeler le 17 ou envoyer un SMS au 114


L'équipe Qwinz


Sources:

Clément Arbrun, Mardi 21 avril 2020, “Les harceleurs de sortie pendant le confinement”, Terra Femina https://www.terrafemina.com/article/coronavirus-le-harcelement-de-rue-perdure-pendant-le-confinement_a353395/1


AFP, 2 mai 2020, «C’est pire qu’avant»: dans les rues désertées, les femmes en proie aux agresseurs, Libération https://www.liberation.fr/depeches/2020/05/02/c-est-pire-qu-avant-dans-les-rues-desertees-les-femmes-en-proie-aux-agresseurs_1787153


Page facebook Paye ton confinement, [en ligne] https://www.facebook.com/payetonconfinement/


Victoire Tuaillon et Thomas Rozec, Dans le genre confiné.e.s”, Les couilles sur la table, Bingo Audio, 27 avril 2020, 23 min, https://www.binge.audio/dans-le-genre-confine%c2%b7e%c2%b7s-2/

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